Conscience d’archive et temporalité : Ferdinand de Saussure et l’Ecole Genevoise de Linguistique

Colloque Archives des savoirs, 19 juin 2014

Alessandro Chidichimo a commencé à faire un historique de la constitution du cours de linguistique générale (CLG). Puisque qu’il n’y avait pas de manuscrit de De Saussure, les éditeurs l’ont reconstitué à partir de plusieurs notes de cours compilées. En ce sens, ils ont constitué une archives au sens de Derrida : « Le premier archiviste institue l’archive comme elle doit être, c’est-à-dire non seulement en exhibant le document mais en l’établissant. Il le lit, l’interprète, le classe. »

La situation a changé lorsque des manuscrits de De Saussure ont été retrouvés bien après l’édition du CLG.

« De fait « l’archive a lieu au lieu de défaillance originaire et structurelle de la dite mémoire » (Derrida 1995 :25). Qui dialogue avec la rétrospection « Nous nommons horizon de rétrospection l’ensemble des connaissances antécédentes (Auroux, 2006 :) ».

La publication du CLG, même incomplète, a constitué une forme de doxa saussurienne. Bien que de nombreuses discussions aient eu lieu sur la légitimité de la démarche. Jusqu’à la défense de « l’école » saussurienne. Bally est ainsi devenu « l’apôtre » de Saussure (Joseph 2012 :633). La visée semblait être d’achever le travail de De Saussure.

Le mal d’archives peut s’entendre aussi comme brûler d’une passion…

Il a conclu avec une citation à propos de Thémistocle : « Un jour, dit-on ; un savant des plus instruits vint le trouver et s’offrit de lui apprendre un secret tout nouvellement découvert, de la mémoire artificielle ; comme Thémistocle lui avait demandé quelle était l’utilité de cet art, le savant lui répondit qu’il permettait de se ressouvenir de toutes chose, Thémistocle lui répondit qu’il l’obligerait bien d’avantage s’il lui enseignait plutôt le secret d’oublier à son gré. (De Orator : éd-1928)

Sa contribution sera la première des nombreuse contributions du colloque autour des écrits et des non-écrits saussuriens. L’abondance de la littérature à ce sujet et les découvertes successives de textes interroge la pratique archivistique dans la mesure où les archives saussuriennes ne semble jamais closes et toujours sujette à interrogations. Nous reviendrons sur ces questions au fur et à mesure des autres communications.

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Des usages collectifs: archives, mémoires et identité. Patrimoines en héritage

Journées des Archives de Louvain 2014, 25 avril 2014
Comment se fabrique le patrimoine ?

Jean DAVALLON, Professeur à l’Université d’Avignon et à l’EHESS à Paris se positionne comme gardien du patrimoine au sens plutôt muséal et précise avoir un regard excentré par rapport aux archives.

Qu’est-ce que la patrimonialisation ?
Il s’est interrogé ensuite sur comment l’on passe du patrimoine à la patrimonialisation.
On peut l’aborder soit par les « pratiques historiques » soit selon le plan « symbolique ». La première manière est illustrée par les mouvements de sauvetage lorsque beaucoup a été détruit. Le passage au symbolique est illustré par le changement de statut d’un objet « commun » en un objet « exemplaire » comme une manifestation d’une étape temporelle marquant le passage du fonctionnel au non-fonctionnel.

Un objet patrimonial consiste en un objet ET un savoir (sur cet objet)
L’objet patrimonialisé passe de son monde d’origine au patrimoine par une découverte (la « trouvaille » selon Umberto Eco). L’étape suivante est la déclaration (on estampille socialement une valeur patrimoniale). Cette valeur est ensuite montrée (exposition) et abouti à la transmission dans le temps (transmission).
Pour les objets matériels, il s’agit d’établir l’authenticité (la matérialité de l’objet et son statut patrimonial sont indissociables). On opère ensuite une revivification mémorielle (intégrer cet objet patrimonial dans une mémoire sociale)-
Pour les objets immatériels (exemple : le chant corse) Ce fait patrimonial est un « objet idéal » qui n’existe que dans l’esprit et qui nécessite une « manifestation ». Cette manifestation a deux modalité ; L’exécution (le concert public), la transmission (par l’apprentissage). Mais aujourd’hui la technique permet l’enregistrement, qui devient une manifestation permanente.

Schema_Patrimonialisation_Danvallon_2014xL’usage traditionnel des archives (dans le monde patrimonial)
Les archives servent à construire un savoir sur l’objet pour produire un substitut de la mémoire absente de l’objet matériel (car le monde d’origine à disparu). Elles permettent de documenter les objets. Elles peuvent même se substituer à des objets disparus.

Nouveau patrimoines, nouvelles archives ?
La patrimonialisation du patrimoine immatériel implique la plupart du temps la production d’archives volontaires :

  • Documents administratif pour la reconnaissance
  • Documents et données venant de la collecte systématique de savoir sur les manifestations de l’objet
  • Documents issus de l’enregistrement de traces des manifestations (spécialement les exécutions)

Les nouvelles pratiques et les nouveaux objets impliquent aussi de nouvelles formes de production de données (collecte collaborative, documentation d’objets contemporains)

Les archives comme mémoire sociale
Les archives appartiennent à la mémoire sociale : une mémoire collective enregistrée, écrite, matérialisée. Elles sont donc caractérisées par une double énonciation :

  • Une énonciation dans son monde d’origine, par ceux qui ont produit les documents
  • Une énonciation par ceux qui les sélectionnent, les interprètent pour produire un savoir.

En tant que mémoire sociale, les archives participent donc à la patrimonialisation de trois manières :

  1. En tant que texte produit par quelqu’un à destination de quelqu’un, elles sont dépositaires d’information.
  2. En tant que documents dépositaires d’un savoir sur les circonstances, le support, la forme, les protagonistes de la production, elles peuvent faire l’objet d’un travail d’interprétation.
  3. Enfin lorsqu’elles sont des documents venus du passé, elles peuvent elles-mêmes être patrimonialisées

La patrimonialisation des archives ?
La matérialité des archives ouvre leur usage comme patrimoine :

  1. Soit en tant qu’enregistrements de la manifestation d’un patrimoine immatériel.
  2. Soit en tant qu’objet matériel du passé qui doit être gardé pour la postérité du fait de sa valeur sociale de témoin.

Produire des archives est produire un patrimoine potentiel, en attente, dont le destin dépend de l’intérêt qui sera porté par les générations futures.

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Des usages privés: la mémoire de soi et de sa famille

Journées des Archives de Louvain, 25 avril 2014

Paul SERVAIS, Professeur à l’Université catholique de Louvain et organisateur de ces journées, a introduit son propos en se situant comme archiviste et historien, mais aussi comme fils, père et grand-père.

Evolution du contexte
L’environnement est actuellement nouveau, mouvant, flottant

  • Des familles éclatées
  • Des individus autonomes mais souvent solitaires
  • Une longévité active et en bonne santé accrue
  • Du temps et des moyens disponibles

Cette évolution semble générer des besoins nouveaux :

  • De racines
  • De stabilité
  • De continuité
  • De transmission

Evolution des attentes
Des points de départ, illustré d’exemples tiré de sa propre expérience :

  • L’urgente nécessité
  • La légende familiale
  • La perte d’un parent
  • L’approche de sa propre mort
  • Le secret de famille
  • Le fantasme de la particule

Un premier stade consiste dans la constitution d’un arbre généalogique et de ses défis.
Les obstacles techniques sont déjà complexes à la base pour le néophyte. A cela s’ajoute les questions liées au patrimoine, les travaux et la vie quotidienne qui apparaissent au fur et à mesure des découvertes.
Cela peut mener à faire émerger des personnage de chair, de sang et de sentiments dans un environnement social, culturel et politique qui invite à un changement de questionnaire : de la réalité généalogique brute  à un monde social complexe et avec lequel on interagis.

Le défrichage des archives
Les fondamentaux sont classiquement : les registres de population, les enregistrements, les cadastres, les hypothèques, les dénombrements.
La deuxième étape passe des archives patrimoniales aux archives notariales. Mine inépuisable mais qui peut mener du découragement à l’émerveillement. La conséquence en est le passage de la généalogie des individus à la généalogie des patrimoines.
L’ultime étape est la compréhension de la succession des générations aux systèmes familiaux. Elle passe par une relecture des documents antérieurement découvert en les complétant par des documents de for privé (Correspondance, journaux intimes, livre de raison, récits de vie, autobiographies, …).

De l’exploitation des archives à la constitution des archives
La bourgeoisie est sujette à une forme de compulsion à l’accumulation des objets et des souvenirs. Et l’embourgeoisement progressif de la société accentue ces traits.

  • On constitue donc des traces volontaires (comment et pourquoi les conserver ? comment les évaluer ?).
  • L’impact de la technologie multiplie les sources potentielles (photographie, cinéma, électronique, internet et les réseaux). Le risque est ici le passage des traces volontaires vers des traces involontaires.

La conséquence en est l’explosion des archives personnelles mais aussi la manifestation de leur fragilité et de leur insignifiance.

Paul Servais a conclu par cette interrogation :
Et l’archiviste dans tout ça ?
En nous renvoyant aux prochaines Journées des Archives en 2015.

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Le projet Venice Time Machine où histoire et technologie se conjuguent pour modéliser le passé de la Cité des Doges

Journées des Archives de Louvain, 25 avril 2014

Le projet Venice Time Machine où histoire et technologie se conjuguent pour modéliser le passé de la Cité des Doges

Frédéric KAPLAN, Professeur à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, a enchainé avec un exemple concret de l’application des humanités numériques à des archives. Nous l’avions déjà entendu sur une partie de ces questions lors du Forum des archivistes genevois du 30 septembre 2013 (http://www.forumdesarchivistes.ch/2013/09/30/venice-time-machine/)

En commençant par positionner l’intérêt de l’EPFL, qui est une école d’ingénieur qui conçoit que les humanités numériques sont une opportunité de développer des outils technologiques nouveaux (voir le site du projet « Venice Time Machine : www.dhlab.epfl.ch).

Les « Big data » du passé
Le développement phénoménal des TIC a oblitéré l’aspect historique du phénomène et mène à des questions comme :

  • Que serait le « Facebook » du passé ?
  • Peut-on construire des « Google maps » du passé ?

On peut considérer que les archives administrative de l’état de Venise sont le « Google du Moyen-âge ». Cette masse considérable nécessite un traitement utilisant des techniques novatrices. C’est un défi semblable en envergure à ce qui s’est passé avec le décodage du génome humain.
Le projet passe par une numérisation massive des fonds. Un projet de recherche utilisant la tomographie par diffraction permettrait de numériser les volumes sans les ouvrir. Cela représenterait une augmentation de la vitesse de numérisation d’un facteur 20, mais cela ne sera disponible que dans quelques années. La cadence actuelle est de l’ordre de 2000 pages/heures. Compte tenu de la masse produite, il est nécessaire d’automatiser le plus possible le traitement des images pour en extraire les données.
L’analyse des graphies dans le temps montre que les Big data ne sont plus un problème mais une partie de la solution, dans la mesure où la comparaison de nombreux textes permet de retracer les évolutions et les similitudes et d’améliorer par là-même les possibilités d’interprétation.
Un autre exemple est tiré du traitement des cartes, qui sont dessinées en perspective jusqu’au milieu du 19ème siècle, et donc inexploitable directement de manière topographique. Les éléments collectés (en termes de données) sur les cartes anciennes peuvent être réinjectée dans la base de données et permettre la reconstitution de la ville comme un gigantesque mot-croisé.

La totalité du projet constitue une chaîne de processus qui génère des « passés possibles » ce qui implique l’élaboration d’une « éthique » de l’incertitude historique.

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Entre valeur de transparence et déontologie du respect: quels équilibres ?

14èmes Journées des Archives de Louvain, 24 avril 2014

Jean-Marie YANTE, Professeur à l’Université catholique de Louvain, a introduit son propos en citant les journées 2004 et d’éminents collègues archivistes qui posaient déjà la question de la transparentes administrative et des problèmes quelle pose.

Du souci de conserver au devoir de communiquer (avec des restrictions).
Cette préoccupation a toujours existé mais à des degrés divers. On constate une lente évolution vers la transparence au fil du temps. En 1982, Couture et Rousseau indiquent que la collecte des archives n’est pas une fin en soi mais qu’elle doit aboutir à la communication.

Jean Goulet, en 1992, affirme : « L’archiviste est maintenant reconnu comme un professionnel de l’information vivante et il devient à ce titre responsable de la circulation de renseignements à propos desquels la législation impose parfois la divulgation, parfois le silence, et même, à l’occasion, l’oubli »

Le code de déontologie du Conseil International des Archives
En suivant le commentaire de Diane Baillargeon aux journées des Archives de 2004 (voir bibliographie ci-dessous) sur la base des deux chapitres pertinents du code de déontologie, soit :
Chapitre 6 : Les archivistes facilitent l’accès aux archives du plus grand nombre possible d’utilisateurs et offrent leurs services avec impartialité à tous ses usagers
Chapitre 7 : Les archivistes visent à trouver le juste équilibre, dans le cadre de la législation en vigueur, entre le droit au savoir et le respect de la vie privée

on constate aujourd’hui que trouver ce juste équilibre est loin d’être une sinécure.

La protection des données personnelles
Le sujet a occupé entre autre l’Europe (directive du 24 octobre 1995, Directive 2003/98/CE).

La Belgique également a peu à peu élaboré un corpus de textes réglementaires (loi du 8 décembre 1992, loi du 11 décembre 1998, Arrêté royal du 13 février 2001, loi relative aux communications électroniques du 13 juin 2005).

La révision de la directive européenne sur les informations du secteur public (13 juin 2013) contient une extension de la directive précédente aux musées, aux bibliothèques, et aux archives. Cette proposition de révision de la directive européenne a suscité, au début 2013, une pétition citoyenne initiée par l’association des archivistes français et signée par plus de 50’000 personnes en Europe. (http://www.archivistes.org/Petition-EUdataP-ou-en-est-on )

… et le débat est loin d’être terminé.

Bibliographie citée :

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La conservation des bases de données. Dimensions spécifiques et questions corrélées

14èmes Journées des Archives de Louvain, 24 avril 2014

Thomas VAN DE WALLE, Chef du Département Archivage électronique et archives audiovisuelles des Archives nationales de France (ANF), a sous-titré sa présentation « Images d’un monde flottant » (voir les images finales).

Dans le contexte français, la mission des archives nationale est la conservation des archives définitives des services centraux de l’Etat. Ces derniers n’ont pas pour mission de produire des archives mais des prestations aux citoyens. Les Archives Nationales ont 30 ans (1982-2014) d’expérience dans l’archivage des bases de données. En 2014, 150 millions de fichiers (env. 20 To de données) sont archivés. Le service stocke aujourd’hui 283 versements de données structurées sur un total de 357 versements électroniques (env. 80% des versements).

Les principes posés dans les années 80 restent toujours valables.
L’archivage doit être indépendant de toute technologie, dont il découle :

  • Une veille technologique pour éviter l’obsolescence technique dans l’objectif de la conservation préventive et des migrations
  • Une information codée doit être accessible en dehors du système qui l’a produite pour pouvoir être considérée comme archivée, ce qui garanti l’indépendance des documents

Les recettes de l’archivage des bases de données

  • Export des données à plat (actuellement du CSV)
  • Collecte systématique d’une « documentation » en parallèle à l’archivage des données
  • Documentation sur la signification des données
  • Documentation sur l’organisation des données
  • Documentation sur l’historique de la vie de la base de données (élaboration, utilisation, actions liées à l’archivage…)
  • Description systématique des données archivées dans des outils dédiés :
  • Description de l’application dont est tiré le fichier archivé
  • Description du fichier archivé
  • Description de la structure du fichier archivé
  • Description des données contenues dans le fichier archivé

L’archivage des bases de données est assimilable à des prises de vues successives.
Afin de garantir de la fiabilité dans le temps la documentation est primordiale.
La continuité est mieux préservée par des systèmes simples et stupides.

Les bases de données sont un monde mouvant :

  • Des technologies mouvantes (entre 1960 et 2000 les bases de données ont été hiérarchiques, relationnelles, orientées-objet, entrepôts de données, NoSQL)
  • Des usages mouvants (calculs statistiques, production dynamique des documents, réceptacle d’information pour le partage et la conservation)
    puis : usage liés aux types d’objets, usage variable selon les nombres d’utilisateurs (= risque de pertes et d’incohérence)
  • Des contenus mouvants : Avec différentes logiques d’acquisition. Par « campagne » (ajout de gros lots de données selon un rythme donné), par « mise à jour » (ajout, modification et suppression de données en mode continu), auquel s’ajoutent les problématiques des mises à jour des documents (doublon, version) et celles des données modifiées automatiquement par les systèmes.

Compte tenu de l’évolution actuelle une collaboration interministérielle (Affaires étrangères, Culture et communication, Défense) a vu le jour pour construire un logiciel commun basé sur des outils libres sous le nom de VITAM. Un changement de perspective amène à privilégier la facilité des accès.

schéma-simple-VITAMSchéma du projet VITAM
Source et commentaires : http://archiverleternite.blogspot.ch/2013/07/sae-oais-les-3-ages-vus-par-un.html

 ADAMANT est le module de VITAM qui sera développé pour les archives nationales et qui devra assurer l’interface avec les applications préexistantes aux ANF. Les développements sont planifiés pour la période fin 2014-fin 2016.

Sa conclusion a porté sur …
Les évolutions à venir :

  • Les outils : diversité ou rationalisations ?
  • La réutilisation : une démultiplication des moyens de conservation et d’accès ?
  • Les données personnelles : quel équilibre démocratique ?
  • Les modèles logiques : vers une complexité accrue ?
  • Les documents : une espèce en voie de disparition
  • Des évolutions garantissant un usage prolongé …

.. .et les pistes suivies par les ANF

  • Pour les bases associant données et documents : les considérer avant tout comme un ensemble de documents dotés de métadonnées structurées
  • Pour gérer la collecte, maintenir la logique d’extraction et poursuivre le travail de sélection et de qualité des données
  • Pour les besoin de la conservation à très long terme, maintenir les principes de l’autonomie technologique et de la conservation d’une documentation sur l’histoire des données archivées
  • Pour maintenir la confiance. Prêter un soin extrême à la question de la gestion des droits et traiter la question de l’anonymisation
  • Pour l’accès aux données, disposer de capacités de recherche sur les métadonnées accrues et utiliser des outils de visualisation et d’exploitations génériques

Cela devrait permettre de passer de ceci :
Hiroshige LaVague

À cela :
Pecheur_Hiroshige

D’autre aspects du projet VITAM ont été abordé par Thomas Van de Walle dans sa présentation au colloque Digital Diplomatics (en anglais) à Paris en novembre 2013 (accessible ici : http://www.cei.lmu.de/digdipl13/wp-content/uploads/Van-de-Walle.pdf )

Sur des questions plus techniques qui sous-tendent le projet VITAM on peut consulter le blog de Frédéric Bréguier « archiver l’éternité » ici : http://archiverleternite.blogspot.fr/

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Les archives: de la série au système

14èmes Journées des Archives de Louvain, 24 avril 2014, 24 avril 2014

Lourdes FUENTES HASHIMOTO, Responsable du service des archives électroniques, Direction Information Documentation, Groupe Total a initié la session concernant les nouveaux objets et les nouvelles responsabilités.

La série a été depuis plus de deux siècles le cadre d’action des services d’archives. Les systèmes informatisés bouleversent l’organisation mais pas tous ses aspects. Mais ils modifient également la vie de toute la société. Après un rappel de la terminologie autour des séries (ancienne, moderne, continue, sous-série, etc.) elle en a tiré quelques conséquences sur le travail des services d’archives. Le système des séries implique une bonne connaissance de l’histoire administrative des services producteurs. Ce cadre à été suffisamment prégnant pour que les publications sur Internet aient initialement suivi cette structuration.

Les séries ont commencé à faire problème dès la fin de la seconde guerre mondiale qui a vu une prolifération documentaire et le progressif non respect des cadres de classement par les services producteurs qui ont peu à peu rendu quasi impossible pour les archivistes le classement à postériori des séries continues. C’est dans ce contexte que les systèmes informatisés sont apparus et ont rendu encore plus difficile le traitement à postériori.

Décloisonner et réorganiser : une nouvelle logique de travail ?
Cela signifie :

  • Rapprocher la série du système informatisé : en finir avec le service d’archives comme silo
  • Réorganiser le service d’archives : en finir avec l’archivage électronique comme silo.
  • Si la première question a souvent été traitée ces dernières décennies, la seconde, surtout dans son aspect de réorganisation, a été trop négligée.

Les systèmes d’information : entre rationalisation et indétermination ?Compte tenu de la situation chaotique actuelle il faut mener plusieurs opérations simultanées et parfois contradictoires (sauver les meubles et en même temps concevoir les futurs systèmes).

En conclusion elle a posé la question :
Le système d’archivage électronique peut il être le système de tous les systèmes ?
la réponse est non.
Les archivistes ont toujours sélectionné et continuerons à le faire dans le monde numérique.

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