Le projet Venice Time Machine où histoire et technologie se conjuguent pour modéliser le passé de la Cité des Doges

Journées des Archives de Louvain, 25 avril 2014

Le projet Venice Time Machine où histoire et technologie se conjuguent pour modéliser le passé de la Cité des Doges

Frédéric KAPLAN, Professeur à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, a enchainé avec un exemple concret de l’application des humanités numériques à des archives. Nous l’avions déjà entendu sur une partie de ces questions lors du Forum des archivistes genevois du 30 septembre 2013 (http://www.forumdesarchivistes.ch/2013/09/30/venice-time-machine/)

En commençant par positionner l’intérêt de l’EPFL, qui est une école d’ingénieur qui conçoit que les humanités numériques sont une opportunité de développer des outils technologiques nouveaux (voir le site du projet « Venice Time Machine : www.dhlab.epfl.ch).

Les « Big data » du passé
Le développement phénoménal des TIC a oblitéré l’aspect historique du phénomène et mène à des questions comme :

  • Que serait le « Facebook » du passé ?
  • Peut-on construire des « Google maps » du passé ?

On peut considérer que les archives administrative de l’état de Venise sont le « Google du Moyen-âge ». Cette masse considérable nécessite un traitement utilisant des techniques novatrices. C’est un défi semblable en envergure à ce qui s’est passé avec le décodage du génome humain.
Le projet passe par une numérisation massive des fonds. Un projet de recherche utilisant la tomographie par diffraction permettrait de numériser les volumes sans les ouvrir. Cela représenterait une augmentation de la vitesse de numérisation d’un facteur 20, mais cela ne sera disponible que dans quelques années. La cadence actuelle est de l’ordre de 2000 pages/heures. Compte tenu de la masse produite, il est nécessaire d’automatiser le plus possible le traitement des images pour en extraire les données.
L’analyse des graphies dans le temps montre que les Big data ne sont plus un problème mais une partie de la solution, dans la mesure où la comparaison de nombreux textes permet de retracer les évolutions et les similitudes et d’améliorer par là-même les possibilités d’interprétation.
Un autre exemple est tiré du traitement des cartes, qui sont dessinées en perspective jusqu’au milieu du 19ème siècle, et donc inexploitable directement de manière topographique. Les éléments collectés (en termes de données) sur les cartes anciennes peuvent être réinjectée dans la base de données et permettre la reconstitution de la ville comme un gigantesque mot-croisé.

La totalité du projet constitue une chaîne de processus qui génère des « passés possibles » ce qui implique l’élaboration d’une « éthique » de l’incertitude historique.

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