L’archivage numérique – une routine ?

Je n’ai pas eu l’occasion de rencontrer personnellement Steve Bailey lors de la dernière conférence européenne sur l’archivage numérique (ECA2010) mais il a produit un billet qui m’a interpellé sous le tire Is digital preservation now routine ? Je partage son sentiment pour dire qu’aujourd’hui, les archivistes ont en main des outils, conceptuels et matériels, qui leur permettent d’envisager de manière relativement sereine la conservation des documents numériques à long terme. Et de nombreuses contributions de ce dernier congrès le montrent à l’évidence.

J’ai par contre un sentiment plus mitigé quant au fait que ces compétences que les archivistes ont acquises (du moins ceux actifs dans le domaine et dont beaucoup étaient présents à Genève) soient actuellement reconnues par leurs organismes de tutelles et leurs bailleurs de fonds. J’ai plutôt entendu « entre les lignes » que cet effort de conviction représentait la « nouvelle frontière » de l’archivage électronique. Bailey semble minimiser cet aspect lorsqu’il dit “….they seem to be of a more prosaic, ‘routine’ nature revolving around the need to secure budgets and improve the user experience etc.” car cette recherche de la sécurité budgétaire est loin d’être une sinécure pour les archivistes qui ne sont à priori pas des experts en « fund rising » et se trouvent en face de décideurs obnubilés par l’information (au sens de la communication et des relations publiques) et oublieux des documents (au sens de preuve et de traçabilité de l’action publique). Je suis tout aussi circonspect lorsqu’il met en exergue les volumes pharamineux qui seront bientôt stocké « dans le nuage » du web. Bien sûr, cette augmentation existe et est indéniable, mais l’archivistique à travers sa pratique de l’évaluation a justement une solution possible pour faire face à cette explosion. Dans ce cas, cela n’est plus seulement les décideurs mais le peuple des internautes qu’il faudra convaincre du bien fondé d’une « diététique de l’information ». Le défi semble immense face aux thuriféraires multimillionnaires du toujours plus d’information (quasi tout les clans du web), mais si les archivistes s’appliquent de la même manière à la maîtrise du marketing viral qu’ils l’on fait avec l’archivage électronique, j’estime que la cause n’est pas entièrement désespérée.

Alors, à quand des sessions de marketing archivistique initiées par le Conseil International des archives ?

A propos regarddejanus

Archiviste, Record-manager et enseignant
Cet article, publié dans archivage numérique, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s