Managing the crowd – Gérer la foule – Billet 2

Chapitre 5 – La nécessité d’une autocritique professionnelle
(Gerer_la_foule_chap05)

Ce chapitre ouvre la 2ème partie du livre, consacrée plus particulièrement à l’attitude des records managers par rapport à la révolution du Web 2.0, sous le titre Is records management no longer fit to purpose ? [Est-ce que le records management n’est plus adapté à son objectif°?]

Ce premier chapitre est une introduction générale sur la posture du records management en général. Comme l’indique son titre, Steve y stigmatise une attitude auto-satisfaite des records managers, et en appelle à une autocritique des pratiques professionnelles actuelles, sous peine de se retrouver complètement dépassé dans un proche avenir. Il pointe particulièrement, le fossé entre la théorie et la pratique. En prenant l’exemple de la messagerie électronique, il montre à quel point le records management a raté le coche en fermant les yeux sur la réalité et en déclarant simplement les courriels comme des « non-records », ce qui permettait de ne pas s’en occuper la conscience tranquille. Il répète la démonstration avec les documents soumis au Freedom of Information Act (2000) (FOI, http://en.wikipedia.org/wiki/Freedom_of_information_in_the_United_Kingdom) en soulignant que les records managers, qui se sont emparés avec conviction de cette matière en en faisant « leur chose », n’arrivent toujours pas, 8 ans après son introduction, à proposer des directives simples et explicites permettant de gérer les records selon les principes du FOI. Steve est particulièrement pertinent quand il pointe une confusion terminologique en disant :

« Il n’y a pas eu de débat sur la façon dont le records management peut faire face à une Loi sur la liberté d’accès aux informations. »

Ce que je traduirais en terme francophone en disant : Il y a confusion entre l’information (les données des informaticiens) et les documents (les records des records managers, ou les documents d’archives des archivistes).

Steve semble décrire une situation anglo-saxonne, voire même limitée au Royaume–Unis, qui ne correspond que partiellement aux pratiques d’Europe continentale ou québécoises. En effet, la pratique du records management, à tout le moins dans la zone francophone que je connais, est beaucoup moins rigoureuse quant à la désignation du « records ». Dans les pratiques, nombre de documents (qui signifient « non-records » dans le monde anglo-saxon) sont néanmoins gérés même si leur sort final est une destruction à moyenne échéance. Ces pratiques trouvent même une justification théorique dans la « Gestion intégrée des documents »  québécoise (http://fr.wikipedia.org/wiki/Gestion_intégrée_des_documents) ou le « Records continuum » australien. (http://www.abhatoo.net.ma/index.php/fre/content/download/3151/33823/file/cycle_vie_archives.pdf) On trouvera un développement succinct sur ces différentes approches décrite dans le mémoire de Katell Guegen, au chapitre «2.2 Le cycle de vie du document et ses trois statuts » (http://memsic.ccsd.cnrs.fr/docs/00/41/00/46/PDF/MemoireINTD_KGueguen_20081027.pdf). Ces questions seront développées dans le commentaire du chapitre 6 (Toutes les sources d’information ne sont pas des records…).

Ces objections soulevées, la question de fond que pose Steve reste néanmoins pertinente. Je la résumerais comme suit : laisser la main aux informaticiens sur les donnés/documents électroniques est la perte du records management. Cela ne signifie nullement que les informaticiens doivent être considérés comme nos ennemis, bien au contraire. La plupart des projets d’archivage électronique couronnés de succès dont j’ai pu prendre connaissance récemment ont été fructueux entre autre parce que les informaticiens et les records managers et/ou les archivistes ont collaborés dans une confiance réciproque, chacun apportant ses connaissances et ses savoir-faire spécifiques.

A propos regarddejanus

Archiviste, Record-manager et enseignant
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