Regards collectifs et nouveaux besoins sociétaux à l’endroit des archives

14èmes Journées des Archives de Louvain, 24 avril 2014

Elisabeth VERRY, Directrice des Archives départementales du Maine-et-Loire. Professeur à l’Université catholique de l’Ouest et à l’Université d’Angers.

En inaugurant la session consacrée aux nouveaux regards sur les archives, Elisabeth Verry a commencé par rappeler l’histoire  des archives perçues comme institutionnelles par rapport aux usages multiples qui s’établissent actuellement.
En réfléchissant sur la terminologie du terme archives, en particulier entre l’usage du pluriel et du singulier. Elle rappelle que l’usage canonique du pluriel ne date que de deux siècles. C’est Michel Foucault qui à réutilisé l’archive au singulier, comme une pensée conceptuelle plutôt qu’une accumulation d’objets.
Les archives sont un bien, mais n’étaient pensées comme négociable, cependant elles deviennent de plus en plus « quantifiées » (l’administration française a évalué le coût annuel du mètre linéaire à 53.20 euro).
La place des archives dans la mouvance de l’Open Data est faible (moins de 1 % des données publiées en France). Cela s’explique probablement par l’instabilité actuelle du modèle économique de l’Open Data (à l’exception des images animées, voir le succès de l’INA).
Un autre axe du changement et la fonction d’utilité publique. A ce jour en France les lecteurs de répartissent comme suit (un lecteur peut appartenir à plusieurs catégories) :

  • 15% d’historiens professionnels
  • 60% d’historiens amateurs
  • 60% de généalogistes

De nouveaux usages des archives se créent dans la vie personnelle comme :

Quel est impact de cette demande sociale pour l’usage administratif des archives. Malgré les lois sur la liberté d’accès aux documents administratifs (création de la CADA en 1978), cette transparence peine à s’installer dans la société. En 2009 il n’y a eu que 4216 demandes à la CADA.
Le droit d’accès aux dossiers médicaux est un autre exemple d’échec de transparence. Outre la résistance des médecins, la complexité de la gestion de ces documents constitue un obstacle non négligeable.
Mais il existe des contres exemples comme la congrégation du Bon Pasteur en Maine-et-Loire, qui a fait évoluer ses pratiques restrictive de communication vers une transparence, avec le soutien des archives départementales.
Un autre mouvement identitaire en France à été la demande et la création d’archives « communautaires » rassemblant des documents reflétant la vie de certains groupes sociaux spécifiques (peuple basque, féministes, etc.)

Si ces nouvelles thématiques peuvent perturber les archivistes « classiques », mais Mme Verry estime que les compétences professionnelles des archivistes leur permettent de devenir des « passeurs » (terme préférée à médiateur) en la matière.

Pour compléter la réflexion, voir : Patrice Marcilloux : Les égo-archives

 

A propos regarddejanus

Archiviste, Record-manager et enseignant
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