L’archive: du document à la donnée

14èmes Journées des Archives de Louvain, 24 avril 2014

Andreas Kellerhals, Directeur des Archives fédérales suisses (AFS), a traité de l’impact des logiques des données sur les archives.

Les Archives doivent-elles s’aligner sur les donnés ?
Répondant aux questions initiales des organisateurs, M Kellerhals a introduit son propos par des définitions succinctes des termes documents et données. Un document renvoie à un support contenant une information. La donnée est plutôt définie comme une information mais elle doit également subsister sur un support.

Dans la structure normalisatrice de l’ISAD-G on peut considérer un document comme des données d’un ensemble plus vaste (la série, le fond). Dans l’autre sens la donnée peut être considérée comme un sous-ensemble du document.

Les AFS s’alignent-elles sur les données ?
Les AFS le feront car le passage au numérique dans la production documentaire paraît inéluctable. Mais cela pose la question de l’évaluation. Les instruments de recherches des AFS ont été « donnéifiés » (http://www.swiss-archives.ch). Cette « mise en données » permet de faire des recherches transversales sur l’ensemble des fonds et d’identifier des pistes de recherche non perçues jusqu’alors. Cela permet également de mettre à disposition ces informations comme données ouvertes  (Open Data: http://www.opendata.admin.ch/fr ). Cela permet également d’organiser les métadonnées de manière plus cohérente et efficace.

D’autre fonds, comme les comptes de l’Etat fédéral, sont en cours de donnéification et seront livrés sous forme de fichiers csv.

La volonté dans le projet d’Open Data de l’administration fédérale est d’intégrer dans un seul portail le niveau fédéral, cantonal et communal. Cela se manifeste par exemple dans les projets de Swiss-Topo, qui offre des cubes de données à ces difféerents niveux, mais qui concurrencent également les produits archivistique proposés par ailleurs par les archives fédérales. Ces questions impliquent une coordination accrue entre les différents acteurs dans ce domaine.

Le modèle OAIS positionne les archives entre les producteurs et les utilisateurs. Il faut réviser ce modèle en y ajoutant une couche de plateforme de travail avec les informations actives, alimentées en back-office par les données pérennisées par les services d’archives, ce qui rend les archives invisibles aux utilisateurs (qui deviennent d’ailleurs des « prosumers » = « prosommateurs »).

Conclusions – Réponses aux questions initiales

  • Il y a une différence entre documents et données mais dans la pratique cela a peu d’incidence.
  • Les archives doivent AUSSI s’aligner sur la donnée, ce qui ouvre les archives vers d’autres publics.
    En conséquence les archivistes passent d’une fonction de conservateur à celle de curateur.  Cela est un work in progress.

Il conclu par une citation de Thomas Moore : « La tradition ne consiste pas à préserver la cendre, elle consiste à transmettre le feu !». Ce changement implique également un « empowerment »des utilisateurs qui doivent/devront peu à peu assumer la fonction de critique des sources dans le monde de l’Open Data.

A propos regarddejanus

Archiviste, Record-manager et enseignant
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