Des usages privés: la mémoire de soi et de sa famille

Journées des Archives de Louvain, 25 avril 2014

Paul SERVAIS, Professeur à l’Université catholique de Louvain et organisateur de ces journées, a introduit son propos en se situant comme archiviste et historien, mais aussi comme fils, père et grand-père.

Evolution du contexte
L’environnement est actuellement nouveau, mouvant, flottant

  • Des familles éclatées
  • Des individus autonomes mais souvent solitaires
  • Une longévité active et en bonne santé accrue
  • Du temps et des moyens disponibles

Cette évolution semble générer des besoins nouveaux :

  • De racines
  • De stabilité
  • De continuité
  • De transmission

Evolution des attentes
Des points de départ, illustré d’exemples tiré de sa propre expérience :

  • L’urgente nécessité
  • La légende familiale
  • La perte d’un parent
  • L’approche de sa propre mort
  • Le secret de famille
  • Le fantasme de la particule

Un premier stade consiste dans la constitution d’un arbre généalogique et de ses défis.
Les obstacles techniques sont déjà complexes à la base pour le néophyte. A cela s’ajoute les questions liées au patrimoine, les travaux et la vie quotidienne qui apparaissent au fur et à mesure des découvertes.
Cela peut mener à faire émerger des personnage de chair, de sang et de sentiments dans un environnement social, culturel et politique qui invite à un changement de questionnaire : de la réalité généalogique brute  à un monde social complexe et avec lequel on interagis.

Le défrichage des archives
Les fondamentaux sont classiquement : les registres de population, les enregistrements, les cadastres, les hypothèques, les dénombrements.
La deuxième étape passe des archives patrimoniales aux archives notariales. Mine inépuisable mais qui peut mener du découragement à l’émerveillement. La conséquence en est le passage de la généalogie des individus à la généalogie des patrimoines.
L’ultime étape est la compréhension de la succession des générations aux systèmes familiaux. Elle passe par une relecture des documents antérieurement découvert en les complétant par des documents de for privé (Correspondance, journaux intimes, livre de raison, récits de vie, autobiographies, …).

De l’exploitation des archives à la constitution des archives
La bourgeoisie est sujette à une forme de compulsion à l’accumulation des objets et des souvenirs. Et l’embourgeoisement progressif de la société accentue ces traits.

  • On constitue donc des traces volontaires (comment et pourquoi les conserver ? comment les évaluer ?).
  • L’impact de la technologie multiplie les sources potentielles (photographie, cinéma, électronique, internet et les réseaux). Le risque est ici le passage des traces volontaires vers des traces involontaires.

La conséquence en est l’explosion des archives personnelles mais aussi la manifestation de leur fragilité et de leur insignifiance.

Paul Servais a conclu par cette interrogation :
Et l’archiviste dans tout ça ?
En nous renvoyant aux prochaines Journées des Archives en 2015.

A propos regarddejanus

Archiviste, Record-manager et enseignant
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